© Thibault Dumas
Atelier de fin d'année de l’Institut Kervégan

Réflexions en deux dimensions

Par une froide soirée de décembre, une quarantaine de personnes étaient invitées par l’Institut Kervégan dans l’ambiance feutrée de La Rosière d’Artois. Derrière ce nom fleuri, un hôtel particulier de pratiquement 200 ans d’âge, rénové il y a peu. Un cadre historique propice à des réflexions en deux dimensions empreintes de modernité, voire de prospective.

Par où commencer ? Ou plutôt où commencer ? Réparti en demi-douzaines sur six tables rondes, les participants sont comme des élèves un jour de rentrée. Ça bavarde, ça s’alpague, ça rit. Posés devant eux, des tas de post-it, des stylos en grappes et même des sucreries, pour tenir le choc. « L’enjeu c’est de se poser la bonne question et non de trouver la bonne réponse », désamorçe d’entrée le monsieur loyal de la soirée, tout en naviguant entre les groupes. Et la bonne question initiale est celle du territoire de la réflexion.

« Le monde rural n’est pas une diagonale du vide »

© Thibault Dumas et Mina Quéau
Gwenaël Boidin, consultant en développement territorial, photo : © Thibault Dumas et Mina Quéau

 

Loire-Atlantique, Pays de la Loire voire même Grand Ouest, où s’opposent métropoles dynamiques (Nantes, Rennes) et territoires ruraux perçus comme en retrait – est-ce une réalité ou une projection ? Un défi pour le codéveloppement local, qui renvoi immédiatement à une pluralité d’acteurs des collectivités territoriales aux associations locales en passant par les industries. « Si on veut être efficaces, il faut choisir un territoire. On n’a pas la possibilité d’aller partout », avance Gwenaël Boidin, qui travaille sur le sujet (voir son ci-dessus). Au risque de l’extrapolation, lui répond-on dans la salle, « Quelle sera le degré de représentativité, si on choisit un territoire bien précis, trop petit par exemple ? ».

24 accélérations sur 260 ans

"The Great Acceleration" © Will Steffen/Félix Pharand-Deschênes/Globaïa
« The Great Acceleration » © Will Steffen/Félix Pharand-Deschênes/Globaïa

Sur un mur, des diapos défilent, éclairant la classe d’un soir d’un halo bleuté. « La prospective est attentive aux causes. Ainsi nous libère-t-elle du fatalisme », une citation du philosophe français Gaston Berger, s’affiche en deux mètres sur trois. Car penser le développement d’un espace, c’est aussi le projeter dans le temps futur. Un travail collectif potentiellement angoissant pour l’individu. Notamment à la vue des indicateurs sociaux économiques et écologiques de « la grande accélération » théorisée par le chimiste étasunien Will Steffen.

« Certains modèles marchaient bien avant »

© Thibault Dumas et Mina Quéau
Simon Ducasse, délégué général d’une association dans la filière solaire, photo : © Thibault Dumas et Mina Quéau

 

La question de l’échelle de la projection dans le temps est fondamentale, interpelle Simon Ducasse dans la salle (voir son ci-dessus), Parle-on de sa vie, à une ou deux décennies, ou celle de ses enfants? ». La profondeur de la réflexion est aussi questionnée à voix haute avec le risque du « robinet d’eau tiède », soit une prospective qui se limite aux changements visibles. Les signaux forts plutôt que les signaux faibles. Toujours alerte, le médiateur d’un soir aura ce proverbe africain en guise de conclusion temporaire : « L’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse ».

Par Thibault Dumas, journaliste, avec Mina Quéau.

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Le débat en photos

Atelier : fin d'année

Photos : © Thibault Dumas et Mina Quéau.

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